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14 novembre 2011 1 14 /11 /novembre /2011 18:24

 

L I B E R T É • d u 11 a u 17 n o v e m b r e 2 0 11

 La Napoule,

 

le « château des mineurs »,

 bientôt sur grand écran

 

Retracer une histoire dans l’Histoire, rendre hommage et aussi entretenir la mémoire collective, c’est tout cela que l’on retrouve intitulé « Le château des mineurs » dans le documentaire de Jean-Pierre Denne et Pascal Crépin. 

 

 

A voir bientôt.

 

 

Les premières années, le voyage jusqu’à La Napoule était une expédition qui prenait la journée et qu’on finissait à pied.  Avec le temps, les trains couchettes et l’avion ont rendus le trajet plus agréable.
( Crédit photo : collections du Centre historique minier du Nord-Pasde-Calais, Lewarde)
 

10147-montee-au-chateau-de-La-napoule.jpgL’histoire débute en 1994. À l’époque, gaziers, électriciens et mineurs défilent ensemble à Berck pour soutenir la proposition de rachat du château de La Napoule par la Caisse centrale d’activités sociales (CCAS) d’EDF-GDF afin que ce lieu, symbole des vacances des mineurs du Nord-Pas de Calais, reste dans le giron du tourisme social. Jean-Pierre Denne et son ami Pascal Crépin sont chargés par la CCAS de filmer la manifestation. Les deux amis commencent alors à s’intéresser de près à l’histoire hors norme du château. En 1996, les deux passionnés d’audiovisuel sont missionnés pour suivre les vacances d’agents EDF à la retraite. Hébergés au château, ils sont captivés par le site et son histoire. L’idée de faire un documentaire reste dans les tiroirs pendant quelques années. Et puis, en 2010, la nouvelle tombe : 260 retraités et veuves de mineurs repartiront en vacances à La Napoule du 25 septembre au 2 octobre. Ce retour tant espéré par les « gueules noires » de la région est l’aboutissement d’un combat solidaire, mené conjointement par des associations et la CGT. Jean-Pierre et Pascal saisissent l’opportunité, tourner un documentaire pour consigner soigneusement l’histoire du château des mineurs mais aussi et surtout, aller à la rencontre de ces derniers et vivre avec eux le retour dans ce petit coin qu’ils qualifient eux-mêmes de « paradis retrouvé ». « J’ai d’abord contacté plusieurs familles. On sentait un réel engouement, d’abord à l’idée de ces vacances mais aussi vis-à-vis du projet. Au fil de mes rencontres, j’étais scotché par les histoires de chacun », raconte Jean-Pierre. Des anecdotes, il en a entendu des tas, comme celle du char de la fête du mimosa. « Ça s’est passé dans les années 60. Les Ch’tis venus en vacances voulaient participer au défilé de cet évènement annuel. En 48 heures à peine, ils ont construit un char évoquant les mines qui a suscité l’admiration de tous les habitants de La Napoule ». Les mineurs ont laissé une empreinte forte sur cette partie de la Côte d’Azur, qui compte 22.000 habitants dont un tiers d’anciens mineurs : la plage des mineurs, l’arrêt de bus du château des mineurs, la promenade, le magasin le Petit Quinquin.

 

« Pour les mineurs, des vacances de seigneur »

« A travers ce documentaire, nous avions la volonté de montrer la légitimité du droit aux vacances pour ces personnes. Sans vouloir verser dans le pathétique, ces travailleurs ont vécu dans des conditions très difficiles et sont souvent gravement malades ». Gaston Ferry, ancien secrétaire CGT des mineurs, interviewé dans le film, trouve d’ailleurs les mots justes : « Pour les mineurs, il faut des vacances de seigneurs. Quoi de mieux qu’un château ? » Jean-Pierre et Pascal ont gardé au montage les silences dans les interviews, « significatifs », parce que pleins d’émotions. Lorsque les anciens mineurs et leurs familles évoquent leurs souvenirs à La Napoule face à la caméra, le bonheur est palpable, quant à ce retour en 2010, ils sont unanimes : « on l’avait bien mérité ! » Ce dimanche 13 novembre, le « château des mineurs » est projeté au festival du film d’Amiens, 90 personnes de la corporation minière sont attendues. Cette séance, déjà complète, ne sera pas la dernière. Le documentaire sera diffusé à l’espace culturel Léon Delfosse de Billy Montigny à 19h le 16 décembre. Les communes de Liévin, Sallaumines, Avion, Méricourt, entre autres, devraient organiser des projections. Jean-Pierre espère également qu’il soit diffusé lors du festival du film Visions sociales  de La Napoule.

 Elsa GRIGAUT

 

 Toute une histoire...

Si en 1936 les mineurs bénéficient de quinze jours de congés payés, cet acquis social ne prendra son sens qu’en 1947. C’est au lendemain de la Libération, sous l’impulsion de Léon Delfosse, directeur adjoint des Houillères du bassin Nord-Pas de Calais (HBNPC), figure syndicale des Mines, que le château d’Agecroft, situé à La Napoule, est racheté à un lord écossais. Après guerre, seuls 320 mineurs, accompagnés de leurs familles profitent des vacances sur la Côte d’Azur mais, dès les années 50, 10.000 d’entre eux séjourneront au château dorénavant baptisé « des mineurs ». En 1995, après la fermeture des mines et de nombreuses batailles syndicales, la caisse centrale d’activités sociales (CCAS) d’EDF-GDF rachète le château. Depuis, le lieu est ouvert à tous mais continue néanmoins de perpétuer le tourisme social. 

Elsa GRIGAUT

 

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Published by lechateaudesmineurs
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