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12 novembre 2011 6 12 /11 /novembre /2011 16:03

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NORD ÉCLAIR

SAMEDI 12 NOVEMBRE 2011

 

L’an dernier, 264 mineurs et veuves de mineurs retrouvaient leur station balnéaire, fermée dans les années 80 en même temps que les puits. Des moments émouvants saisis par Jean-Pierre Denne et Pascal Crépin.

Le documentaire sera diffusé demain au festival du film d’Amiens.

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La Napoule : lieu majeur de l’histoire des mineurs

 

Jean-Pierre Denne et Pascal Crépin, avec leur association Mine de rien, ont suivi le retour des 264 mineurs et veuves de mineurs à la Napoule, il y a un an. Ils en ont tiré un documentaire  riche et émouvant présenté, ce dimanche, en avant-première du Festival du Film d'Amiens.

 

CÉLINE DEBETTE  celine.debette[ ]nordeclair.fr





L'idée de ce documentaire a germé en 1996. À l’époque, les deux complices, membres du comité d’entreprise d’EDF-GDF d’Amiens et passionnés d’audiovisuel, se rendent sur la Côte d’Azur pour réaliser un reportage sur le festivade Cannes. « On était hébergés au château d’Agecroft. C’est comme ça qu’on s’est intéressé au lieu et on a très vite compris qu’il avait une belle histoire. » Mais ce n’est, finalement, que 14 ans plus tard, en apprenant l’initiative de la fédération LSR (Loisir et solidarité des retraités) de faire revenir 264 anciens mineurs et veuves de  mineurs à la Napoule, qu’ils se lancent. «C’était une formidable opportunité, on l’a saisie.» En mai-juin 2010, quelques mois avant le grand départ, ils partent à la rencontre d’une poignée de participants à la grande aventure. « Ils nous ont ouvert grand leur porte, s’émeut encore Jean-Pierre. Nous avons découvert des gens d’une disponibilité incroyable qui nous ont raconté leur vie avec beaucoup de pudeur et de force. » À la seule évocation de ces vacances dans le Sud, le visage des gueules noires s’éclaire et les souvenirs remontent à la surface : le voyage en train à vapeur puis, à partir de 1977, en avion, le soleil, la plage, les parties de pétanque, le service à table, les bals... Autant d’instants de bonheur immortalisés en noir et blanc, sur papier glacé ou sur bobines. Des petits trésors prêtés par les familles interviewées ou récupérés dans les archives du centre historique minier de Lewarde. Sans compter les images inédites du domaine d’Agecroft occupé par les Allemands, confiées par Danièle Prince, commerçante napouloise à la retraite, incollable sur le

passé de la station balnéaire. « Nous avons exploré la mémoire de ce lieu, de la construction du château à aujourd’hui. » Outre ces multiples témoignages, auxquels il faut ajouter ceux d’anciens employés d’Agecroft et de figures syndicales, Pascal et Jean-Pierre ont remonté le cours de l’Histoire afin de mieux cerner la valeur plus que symbolique de ce patrimoine acquis par les Houillères du Nord - Pas-de-Calais en 1947.  « C’était leur récompense pour avoir gagné la bataille du charbon et relevé la France après la guerre au prix de leur santé et, pour certains, de leur vie. Malheureusement, la fermeture des puits dans les années 80 a entraîné celle du château, privant les mineurs de leur petit paradis. » Ce n’est qu’au terme d’une longue bataille menée solidairement par la corporation minière et celle des électriciens gaziers que le site a échappé aux mains des marchands de biens pour rester dans le giron du tourisme social. « Il y a des luttes qui ont payé, insiste Jean-Pierre Denne, co-réalisateur.

C’est le message que nous avons voulu faire passer à travers ce documentaire. » Soixante petites minutes aussi instructives que poignantes.  « Nous avons travaillé plus d’un mois sur le montage car il a fallu dérusher (sélections de séquences, ndlr) une quinzaine d’heures de tournage», souligne Jean-Pierre pour qui cette expérience  « restera marquée à vie ». « J’ai encore en tête un tas d’anecdotes et surtout les sept jours passés avec les mineurs au château, il y a un an. » Des retrouvailles empruntes de nostalgie et de gaieté. « Ils m’ont donné la chair de poule... »  Une émotion que devraient partager les spectateurs du festival d’Amiens, ce dimanche. Et, plus tard, les habitants du bassin minier.

 

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Septembre 2010. Après 20 ans d’attente, les mineurs retrouvaient avec une joie non dissimulée leur château.

 

SAMEDI 12 NOVEMBRE 2011

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Published by lechateaudesmineurs
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commentaires

obert 04/03/2012 23:36

bravo et merci de nous faire revivre cette épopée ,mes parents ont tournés dans ce documentaire et j'attend avec impatience de le voir ils en gardent un bon souvenir et moi les mêmes car petit j y
allais aussi "au château des mineurs".
en espérant le voir sur une chaîne de tv est vous le méritez.